Les plastiques alimentaires : Faut-il s’en méfier ?

Plastique alimentaire

Au sommaire de cet article

En voulant faire un article bien documenté sur la nocivité ou non nocivité des plastiques alimentaires, je me suis confrontée à un problème de taille : je ne suis pas une scientifique, loin de là !

Cependant, j’ai eu l’occasion d’analyser des documents intéressants. Je resterais donc dans une approche accessible au plus grand nombre et ne traiterait pas dans cet article des différentes pollutions liées à la production ou au retraitement de ces matières.

Il existe de nombreux types de plastiques. Vous pouvez trouver sur la plupart des plastiques alimentaires un chiffre dans un triangle möbius : il vous indique à quel type de plastique vous avez affaire.
Triangle mobius (recyclage) Attention, la taille de ce symbole peut-être ridiculement petite, de l’ordre de 3mm dans un bouchon de bouteille d’eau !

Ce sigle correspond au système de codage SPI d’identification des résines d’abord mis en place au Canada avant d’être repris en Europe.

Or, en Europe, il n’y a pas d’obligation pour un producteur d’apposer ce sigle sur son produit mais s’il le fait, il devra respecter la nomenclature ci-après.


1. Le Polyéthylène Terephtalate (PET)

Plastique PETC’est un plastique très utilisé et il a comme propriété entre autres de pouvoir être transparent. On le retrouve dans les bouteilles d’eau, mais également certains contenants pouvant aller au four à micro-ondes (barquettes, sacs de cuisson…)

Faut-il s’en méfier ?

Comme souvent, les études à ce sujet sont encore incomplètes voire apportent des résultats contradictoires du fait de leur méthode opératoire.

La substance la plus inquiétante trouvée dans les eaux embouteillées et provenant d’une migration du PET vers son contenu est le trioxyde d’antimoine. Cette substance, proche de l’arsenic, se trouve naturellement dans l’eau minérale.

plastique des bouteilles d'eau

Cependant, un groupe de chercheurs dans un article publié en 2006 dans « Journal of Environnemental Monitoring » a montré qu’une eau minérale allemande dont la concentration en antimoine était de 3,8 ng/l-1 a vu son taux être multiplié par presque 100 après embouteillage dans un récipient en PET et jusqu’à près de 200 fois la dose initiale après un stockage de 3 mois à température ambiante!

Il faut cependant relativiser car il existe en Europe une concentration limite acceptable, discutable par ailleurs, pour la consommation de l’eau qui est fixée à 5 000 ng/l-1. Il est important cependant de signaler que le Japon a fixé cette limite à 2 000 ng/l-1…

Le potentiel perturbateur endocrinien des eaux embouteillées suite à une migration de substance du PET vers son contenu est également mis en cause. Les substances type perturbateur endocrinien causent des effets néfastes sur la santé chez les organismes et/ou sur sa descendance par suite de désordres du système endocrinien et modification de la fonction hormonale.

La particularité des perturbateurs endocriniens est qu’ils agissent à très faibles doses. Si certaines études ne montrent pas de risques sanitaires, d’autre, sans pouvoir prouver en prouver l’impact sur la santé humaine, montrent une activité hormonale deux fois plus élevée dans les eaux embouteillées en PET que dans celles embouteillées en verre

Et le recyclage dans tout ça ?

C’est un matériau facilement recyclable même mélangé au PEHD car le PET ne flotte pas tandis que le PEHD oui. Une fois trié en centre de tri, les balles de récipients en PET compressés arrivent dans un centre de retraitement.

Après un premier nettoyage, le plastique est mis en paillette. Les paillettes de PET ainsi récupérées seront transformées en fibres (de couette, de polaire, de moquette) ou en bouteille (suite à un retraitement chimique).

Chaque tonne de PET recyclé permet d’économiser 0.61 tonnes de pétrole ou 0.20 tonnes de gaz naturel ou plus clairement 10.96 MWh d’énergie soit un peu plus que la consommation énergétique domestique d’un habitant.


2. Le Polyétylène Haute Densité (PEHD)

plastique pe-hdIl est également employé régulièrement en matière d’emballage alimentaire : bouteilles de lait, boites de chocolat en poudre… Ce plastique n’est pas transparent mais peut être translucide à opaque et coloré. Il semble que les migrations vers le contenu du récipient soient très limitées et inoffensives. Il fait donc partie des plastiques les plus sûrs.

Bouteille lait plastique

Et le recyclage dans tout ça ?

C’est un matériau encore plus facilement recyclable que le PET. Suite au processus détaillé pour le PET, il est transformé en tuyau, bac à fleur, banc… jusqu’à votre poubelle. Le recyclage d’une tonne de PEHD, permet d’économiser 0,51 tonne de pétrole brut ou 0,31 tonne de gaz naturel soit 7,98 MWh d’énergie.


3. Le Polychlorure de Vinyle (PVC)

plastique pvcIl est assez peu utilisé dans l’alimentaire mais on le trouver dans les films étirables (non français), certaines barquettes et bouteilles. Il est également utilisé dans certains jouets (environ 5% des jouets). Son avantage est un coût réduit par rapport aux matières pouvant le remplacer.

Film étirable

Faut-il s’en méfier ?

Plutôt oui, car les additifs ne sont pas liés au PVC et se libèrent dans l’air ou par contact.

Pour lui donner ses caractéristiques, des plastifiants lui sont ajoutés et peuvent représenter jusqu’à 50% du plastique . Les voici :


Les phtalates

le DEHP (di-éthylhexyl phthalate), qui donne la flexibilité aux PVC, du contenant à nourriture au rideau de douche en passant par les films alimentaires, est un phthalate qui se retrouve fréquemment dans l’organisme humain dont les doses journalières tolérables par ingestion sont dépassées pour 12 à 31% de la population ; le BBP (benzylbutyl phthalate) se trouve dans les plastiques automobiles et ceux de l’équipement domestique (revêtements vinyles) ; le DINP (diisononyl phthalate) se trouve dans certains emballages alimentaires, les pailles mais aussi les jouets et le DNOP (dioctyl phthalate) qu’on le trouve dans les produits flexibles à base de plastique.

Ces phtalates font l’objet d’un débat intense entre scientifiques mais les études ne mettent pas en évidence un lien de causalité entre l’exposition et les anomalies de développement hormonal. Cependant le DEHP et le DINP semblent être deux phthalates plus préoccupants et font l’objet, par exemple, d’une interdiction au Canada pour les jouets de dentition et en Europe dans les jouets pour enfants de moins de trois ans


Le cadmium

C’est une substance cancérogène utilisé comme colorant ou stabilisant dans les matières plastiques. Il est interdit en Europe et en Australie mais est souvent remplacé par le baryum dont les effets n’ont pas encore été étudiés.


Le plomb

Il existe actuellement des substituts et l’industrie s’est engagée à réduire la présence de cet additif dans le PVC. Par ailleurs, il est interdit aux Etats-Unis et au Danemark.


Le Bisphénol A

est un perturbateur endocrinien à faible activité ostrogénique (il perturbe le système reproducteur femelle). On en trouve dans les films étirables, à l’intérieur de certaines boites de conserves et dans les couvercles en métal.

C’est la fréquence et la durée d’exposition qui préoccupent aujourd’hui les autorités qui ont, pour certaines, dont la France, interdit cette substance dans certains produits

Par conséquent, et en vertu du principe de précaution, mieux vaut éviter le PVC quand on le peut, surtout celui au contact de l’alimentation. Etant donné qu’il est assez peu présent dans ce domaine ainsi que dans les jouets, il est assez facile de l’éliminer.

On peut remplacer le PVC dans les jouets et les articles de puériculture par du caoutchouc (latex), de l’élastomère thermoplastique (TPE), des polyoléfines, de l’éthylène vinyle acétate (EVA) ou du polymère à base biologique.

Par contre, de nombreux équipements de la maison contiennent du PVC, ce qui contribue au rejet de phtalates dans l’atmosphère domestique et il semble beaucoup plus difficile de les éviter dans ce domaine.

Et le recyclage dans tout ça ?

Certains PVC sont recyclables mais il est peu probable qu’on puisse en recycler plus de 20% dans les années à venir. La plupart des PVC finissent dans les déchetteries vers les centres d’enfouissement ou d’incinérations où ils posent des problèmes de pollution notamment à la dioxine.


4. Le Polyéthylène Basse Densité (PEBD ou LDPE)/

plastique p-eldOn le trouve dans les sacs pour aliments frais et congelés, c’est le cousin du PEHD. Il est utilisé aussi pour la fabrication de sacs plastiques et sacs poubelle.

Il ne passe pas au four à micro-ondes et ne supporte pas de température supérieure à 90°C.

Sac plastique

Faut-il s’en méfier ?

Comme le PEHD, il semble que les migrations vers le contenu du récipient soient très limitées et inoffensives. De plus, ce plastique ne se chauffant pas, les migrations sont limitées. Il fait donc partie des plastiques les plus sûrs.

Et le recyclage dans tout ça ?

C’est un matériau qui n’est quasiment pas recyclé car il est difficile à nettoyer et trop léger. En fait, ils ne contiennent pas assez de matières pour être recyclés rentablement. Dans certains pays, des filières existent ce pendant pour ce type de plastique.


5. Le polypropylène (PP)

plastique ppC’est un plastique connu pour sa résistance aux graisses et son aspect brillant. Dans l’industrie alimentaire, il est souvent utilisé pour les contenus gras (barquette de beurre) mais aussi pour les pailles pour aspirer.

Faut-il s’en méfier ?

Comme le PEHD, il ne semble pas que la migration vers le contenu du récipient soit inquiétante. Cependant, certains ustensiles de cuisine étant en PP, il est important de ne plus les utiliser lorsque la matière montre des signes de dégradation.

Paille alimentaire en plastique

Et le recyclage dans tout ça ?

Le PP d’injection se recycle à condition de ne pas avoir reçu d’additif. Par conséquent, les centres de tri ne valorisent ce plastique que dans une très faible proportion notamment par le biais des bouchons


6. Le polystyrène

plastique psEn alimentaire, c’est un plastique utilisé pour les emballages de type pots de yaourt ou crème fraîche. Il est également utilisé pour fabriquer la vaisselle à usage unique de type couverts, gobelets ou verrines. Il peut être blanc ou transparent.

Faut-il s’en méfier ?

Oui, assez. Le styrène a tendance à s’échapper de ce plastique, surtout lorsqu’il est exposé à la chaleur, au gras ou dégradé. Or, cette substance est classé cancérogène pour l’Homme (notamment leucémie)

Par ailleurs, le polystyrène libère du P-NonylPhénol qui est un perturbateur endocrinien. Les études manquent encore sur ce sujet mais il pourrait avoir un rôle dans la détérioration de L’ADN dans les spermatozoïdes et dans l’apparition de cancer du sein.

pots de yaourt en plastique

Et le recyclage dans tout ça ?

Bien que recyclable, le polystyrène domestique n’est pas recyclé en France. Le poids pouvant être récolté par habitant, même s’il représente un volume considérable du fait de la teneur en air de ce matériau, ne rend pas le recyclage plus rentable que son enfouissement ou son incinération. Il en va autrement des déchets de polystyrène produits par les entreprises qui peuvent s’avérer rentables.


7. Les autres plastiques

Les autres plastiquesC’est une catégorie fourre-tout où on trouve de nombreux types de plastique. Il est difficile de tous les catégoriser. Parmi ces plastiques, il est en effet judicieux de se méfier du polycarbonate à cause de la présence du Bisphénol A, cela est encore plus vrai si le contenant est dégradé.

Comme indiqué dans la partie relative au PVC, le Bisphénol A est un perturbateur endocrinien interdit pour la fabrication de certains produits dans quelques pays, notamment la France. Les plastiques « 7 » sont si nombreux que parler de recyclage en la matière est bien difficile.

En conclusion

Vous remarquerez que même si les tous les plastiques énumérés peuvent être recyclés, pour des raisons de rentabilité essentiellement, seuls les deux premiers (PET et PEHD) se recyclent en France et encore avec certains problèmes liés à la dégradation de la qualité du PET. Par ailleurs, certains plastiques posent des problèmes, confirmés ou non, de risques sanitaires.

Sans aller jusqu’à un environnement sans plastique, en matière d’alimentation zéro déchet, je vous conseille d’éviter les plastiques qui vont au delà des deux premiers cités et de rester vigilants sur la durée de stockage des PET.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.